poésie et mouvement ouvrier


Site DRAPEAU ROUGE : chansons révolutionnaires paroles et accompagnement musical



La Commune est en lutte

Sans doute, mon amour, on n’a pas eu de chance
Il y avait la guerre
Et nous avions vingt ans
L’hiver de 70 fut hiver de souffrance
Et pire est la misère
En ce nouveau printemps...
Les lilas vont fleurir les hauteurs de Belleville
Les versants de la Butte
Et le Bois de Meudon...
Nous irons les cueillir en des temps plus faciles...

    Refrain
    La Commune est en lutte
    Et demain, nous vaincrons...
Nous avons entendu la voix des camarades :
"Les Versaillais infâmes
Approchent de Paris..."
Tu m’as dit : "Avec toi, je vais aux barricades
La place d’une femme
Est près de son mari..."
Quand le premier de nous est tombé sur les pierres
En dernière culbute
Une balle en plein front
Sur lui, tu t’es penchée pour fermer ses paupières...

    La Commune est en lutte
    Et demain, nous vaincrons...
Ouvriers, paysans, unissons nos colères
Malheur à qui nous vole
En nous avilissant...
Nous voulons le respect et de justes salaires
Et le seuil des écoles
Ouvert à nos enfants...
Nos parents ne savaient ni lire ni écrire
On les traitait de brutes
Ils acceptaient l’affront...
L’Égalité, la vraie, est à qui la désire...

    La Commune est en lutte
    Et demain, nous vaincrons...
Les valets des tyrans étaient en plus grand nombre
Il a fallu nous rendre
On va nous fusiller
Mais notre cri d’espoir qui va jaillir de l’ombre
Le monde va l’entendre
Et ne plus l’oublier...
Soldats, obéissez aux ordres de vos maîtres
Que l’on nous exécute
En nous visant au cœur
De notre sang versé, la Liberté va naître...

    La Commune est en lutte
    Et nous sommes vainqueurs...

paroles : Jean-Roger Caussimon (1918-1985).
Musique : Philippe Sarde.

Chanson composée pour la bande originale du film de Bertrand Tavernier "Le Juge et l'Assassin".






LA BUTTE ROUGE
                                                                                  Montéhus, 1923

                                 1

Sur c'te butt'là y'avait pas d'gigolettes,
Pas de marlous, ni de beaux muscadins ;
Ah ! C'était loin du Moulin d'la galette
Et de Panam', qu'est le roi des pat'lins.
C'quelle en a bu du beau sang, cette terre !
Sang d'ouvriers et sang d'paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
N'en meur'nt jamais, on n'tue qu'les innocents !

Refrain

La Butt' Rouge c'est son nom, l'baptêm' s'fit un matin
Où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin ...
Aujourd'hui y a des vign's, il y pousse du raisin
Qui boira ce vin là, boira l'sang des copains !

                                 2

Sur c'te butt'-là on n'y f'sait pas la noce
Comme à Montmartre où l'champagne coul' à flots ;
Mais les pauvr's gars qu'avaient laissé des gosses
Y f'saient entendr' de terribles sanglots !
C'quelle en a bu des larmes , cette terre,
Larmes d'ouvriers, larmes de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
Ne pleur'nt jamais, car ce sont des tyrans !

Refrain

La Butt' Rouge c'est son nom, l'baptêm' s'fit un matin
Où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin ...
Aujourd'hui y a des vign's, il y pousse du raisin
Qui boit de ce vin là, boit les larmes des copains !

                                 3

Sur c'te butt'-là on y r'fait des vendages,
On y entend des cris et des chansons ;
Filles et gars doucement y échangent
Des mots d'amour qui donnent le frisson.
Peuv'nt-ils songer dans leurs folles étreintes,
Qu'à cet endroit, où s'échang'nt leurs baisers,
J'ai entendu, la nuit, monter des plaintes
Et j'y ai vu des gars au crân' brisé !

Refrain

La Butt' Rouge c'est son nom, l'baptêm' s'fit un matin
Où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin ...
Aujourd'hui y a des vign's, il y pousse du raisin
Mais, moi, j'y vois des croix portant l'nom des copains !


                                                                                  Aristide Bruant, 1894

     Pour chanter Veni Creator
     Il faut une chasuble d'or.
Nous en tissons pour vous, grands de l'église
Et nous, pauvres canuts, n'avons pas de chemise
     C'est nous les canuts,
     Nous sommes tout nus.

     Pour gouverner, il faut avoir
     Manteaux ou rubans en sautoir.
Nous en tissons pour vous, grands de la terre,
Et nous pauvres canuts, sans drap on nous enterre
     C'est nous les canuts,
     Nous sommes tout nus.

     Mais notre règne arrivera
     Quand votre règne finira :
Nous tisserons le linceul du vieux monde,
Car on entend déjà la tempête qui gronde.
     C'est nous les canuts,
     Nous sommes tout nus.

                                                                                              Eugène Pottier, 1886


ELLE N'EST PAS MORTE
On l'a tuée à coup de chass'pots,
A coup de mitrailleuses,
Et roulée avec son drapeau
Dans la terre argileuse.
Et la tourbe des bourreaux gras
Se croyait la plus forte
Tout ça n'empêche pas Nicholas
Qu'la commune n'est pas morte !        bis

Comme faucheurs rasant un pré,
Comme on abat des pommes,
Les Versaillais ont massacré
Pour le moins cent mille hommes.
Et les cent mille assassinats
Voyez c'que ça rapporte.
Tout ça n'empêche pas Nicholas
Qu'la commune n'est pas morte !        bis

Ils ont fait acte de bandits
Comptant sur le silence,
Ach'vé les blessés dans leur lit,
Dans leurs lits d'ambulance.
Et le sang inondant les draps
Ruisselait sous la porte.
Tout ça n'empêche pas Nicholas
Qu'la commune n'est pas morte !        bis

Les journalistes policiers
Marchands de calomnies
Ont répandu sur nos charniers
Leurs flots d'ignominie.
Les Maxim' Ducamps, les Dumas,
Ont vomi leur eau-forte.
Tout ça n'empêche pas Nicholas
Qu'la commune n'est pas morte !        bis

C'est la hache de Damoclès
Qui plane sur leurs têtes.
A l'enterrement de Vallès
Ils en étaient tout bêtes.
Fait est qu'on était un fier tas
A lui servir d'escorte !
C'qui prouve en tout cas Nicholas
Qu'la commune n'est pas morte !        bis

Bref, tout ça prouve aux combattants
Qu'Marianne a la peau brune,
Du chien dans l'ventre et qu'il est temps
D'crier "Vive la Commune ! "
Et ça prouve à tous les Judas
Qu'ci ça marche de la sorte,
Ils sentiront dans peu, nom de Dieu !
Qu'la commune n'est pas morte !        bis




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Passez, passez, heures, journées !
Que l'herbe pousse sur les morts !
Tombez, choses à peine nées ;
Vaisseaux, éloignez-vous des ports ;
Passez, passez, ô nuits profondes.
Emiettez-vous, ô vieux monts ;
Des cachots, des tombes, des ondes.
Proscrits ou morts nous reviendrons.

Nous reviendrons, foule sans nombre ;
Nous reviendrons par tous les chemins,
Spectres vengeurs sortant de l'ombre.
Nous viendrons, nous serrant les mains,
Les uns dans les pâles suaires,
Les autres encore sanglants,
Pâles, sous les rouges bannières,
Les trous des balles dans leur flanc.

Tout est fini ! Les forts, les braves,
Tous sont tombés, ô mes amis,
Et déjà rampent les esclaves,
Les traîtres et les avilis.
Hier, je vous voyais, mes frères,
Fils du peuple victorieux,
Fiers et vaillants comme nos pères,
Aller, la Marseillaise aux yeux.

Frères, dans la lutte géante,
J'aimais votre courage ardent,
La mitraille rouge et tonnante,
Les bannières flottant au vent.
Sur les flots, par la grande houle,
Il est beau de tenter le sort ;
Le but, c'est de sauver la foule,
La récompense, c'est la mort.

Vieillards sinistres et débiles,
Puisqu'il vous faut tout notre sang,
Versez-en les ondes fertiles,
Buvez tous au rouge océan ;
Et nous, dans nos rouges bannières,
Enveloppons-nous pour mourir ;
Ensemble, dans ces beaux suaires,
On serait bien là pour dormir.

-> louise Michel
"à mes frères"



poème de Stig Dagerman
"Un frère de plus

Tu ne peux refaire le monde.
Calme ton âme violente !
Une seule chose tu peux faire :
A un nouvel être humain, du bien.

Mais cela est déjà tant
Que les étoiles elles-mêmes sourient.
Un homme affamé de moins
Est aussi un frère de plus."




Il était né le 5 octobre 1923 à Älvkarleby, il se suicidera le 4 novembre 1954 à Enebyberg. Entre ces deux dates le drame de l’abandon à sa naissance, et l’abandon des idéaux par ses contemporains. Proche du mouvement anarcho-syndicaliste, il se voudra militant, puis témoin et en vivra la faillite. Anarchiste, il le fut viscéralement.

Un idéal

Un idéal, c'est grand, c'est beau,
Cà nous arrache de la terre
De ses soucis, de ses lourdeurs,
Nous aide à vaincre la misère,
Nos insuffisances, nos peurs,
Cà porte aux nues, comme un oiseau.

Un idéal, c'est un moteur
Qui nous propulse au quotidien
A la rencontre de nos rêves,
Un grand soleil, un petit rien,
Pour nous bercer dans quelques brèves
échappées de vrai bonheur.

N'essayons pas de l'incarner
Dans un être à nous semblable
Ou opposé, dans une idée
Ou dans un dieu, petite fable
Hors de mesure d'avidité...
Le définir, c'est l'enchaîner.

Madeleine Geneste
Libre penseuse, Corrèze


Dans mon école

Il n'y a pas de dieux, ni de diables,
Mais des enfants, assis aux tables
Où ils écrivent leurs avenirs.
Présent, futur et souvenirs
Forgent l'accord de leur pensée
Avec la vie. L'action, l'idée,
Sont réunies au quotidien.
Le mot est juste – ni mal, ni bien.
L'  « autre » est voisin, ami, semblable,
Le même livre dans le cartable
Si l'enveloppe est différente, la religion
N'est apparente qu'à la maison.
On apprend à ouvrir les yeux, et les oreilles,
Exprimer ses idées, non rabâcher, les vieilles;
On se fait raisonnable, dans l'imagination.
On pense genre humain, et non patrie, nation,
On respecte la terre, tout ce qui peut y vivre,
Mais on combat toujours, pour pouvoir être libre
Dans mon école

Madeleine Geneste
Libre penseuse, Corrèze


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